le père c était lucien le fils c était sacha
Vousne viendrez pas au monde à Paris, c’eût été manquer à la tradition romanesque de la famille et à la règle selon laquelle les destins cocasses se méritent, et sont le privilège de qui saura le mieux les raconter, mais vous naissez à Hong-Kong, où votre père, un peu vêtu comme vous ce soir, comme Paul Claudel et le père de Lucien Bodard, faisait métier de consul, non
1985– entretien parue dans Cinématographe. Arletty. – Interview d’Arletty parue dans le numéro 108 de la revue Cinématographe en mars 1985 –. je suis simple, tellement simple. je suis comme je suis. je suis faite comme ça. Quand j’ai envie de rire.
LEVEILLEUR DE NUIT. Pièce en trois actes, créée le 2 février 1911 au théâtre Michel avec pour interprètes Madeleine Dolley, Harry Baur, Charlotte Lysès, Sacha Guitry, Rose Grane, Mme Vernières, Mme Charmoy, Miss Bennett, Mr. Pradj, Mr. Cornely, Mr. Davry. Un professeur d’un certain âge avait pour maîtresse une très jeune et jolie
Guitrya beaucoup aimé les acteurs : son père d’abord, Michel Simon ensuite et beaucoup d’autres. Il a également admiré certains jeunes acteurs comme Michel François qu‘il fit tourner dans Deburau et Serge Grave qu’on trouve dans Le Roman . d’un Tricheur et dans Mon père avait raison. Par ailleurs, il sut réunir dans ses films
DELANNOYJEAN (1908-2008). Écrit par André-Charles COHEN • 1 234 mots Il réalisera encore Marie-Antoinette reine de France (1956), avec Michèle Morgan – une superproduction en Technicolor qui doit plus à la justesse de la distribution qu'à une vision personnelle de l'Histoire. À l'instar de Sacha Guitry, mais sans sa fantaisie, Delannoy donne un autre tableau d'histoire avec
Chat De Rencontre En Ligne Gratuit. Synopsis Lucien, le père de Sacha Guitry, ajoute à sa passion essentielle, celle qu'il nourrit pour le théâtre et qui l'amène à jouer, très jeune, devant le tsar, une passion non moins pressante, celle des femmes. Il tombe amoureux d'une jeune et jolie personne, a
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Sacha Guitry, de son nom complet Alexandre Georges-Pierre Guitry est un comédien, dramaturge, metteur en scène de théâtre, réalisateur et scénariste de cinéma, né le 21 février 1885 à Saint-Pétersbourg Russie, mort le 24 juillet 1957 à Paris 72 ans. Auteur dramatique très prolifique, il a écrit plus d’une centaine de pièces de théâtre et en a adapté lui-même un grand nombre au cinéma. Interprète de la quasi-totalité de ses films, il est l’auteur d’une œuvre, riche de trente-trois films, qui comprend notamment Le Roman d’un tricheur, Désiré, Mon père avait raison, Quadrille, Ils étaient neuf célibataires, La Poison, Si Versailles m’était conté, Assassins et voleurs. Biographie Du théâtre au cinéma Sacha Guitry est le fils de Lucien Guitry 1860 - 1925, grand comédien de théâtre, très célèbre à son époque, et de Renée Delmas dite de Pont-Jest[1], fille du journaliste René de Pont-Jest. Élève médiocre, Guitry se révèle très tôt brillant comédien et bien vite excellent auteur et metteur en scène. Il écrit lui-même ses propres pièces, parfois en moins de trois jours, et en assure la mise en scène et l’interprétation. Nono 1905 remporte un vif succès. L’échec de La Clef, en 1907, décourage un temps Sacha Guitry et c’est le soutien indéfectible de son grand aîné Octave Mirbeau qui lui donne le courage de continuer ; admiratif et reconnaissant, Sacha Guitry sollicite de lui une préface pour sa Petite Hollande en 1908 et, plus tard, lui consacre une pièce, Un sujet de roman, créée le 4 janvier 1924 par son père Lucien Guitry dans le rôle du grand écrivain. Sarah Bernhardt doit être aussi de la création, dans le rôle d’Alice Regnault, mais la Divine meurt avant la première. Il écrit sur mesure pour sa deuxième épouse Yvonne Printemps plusieurs comédies musicales à très grand succès Mozart, L’amour masqué... et sept revues avec son ami Albert Willemetz. Homme d’esprit à l’humour caustique, c’est Sacha Guitry qui découvre et lance Raimu dans Faisons un rêve. Il fait les délices du public mais s’attire également la jalousie des critiques. Il est un peu l’opposé du théâtre du Cartel des quatre créé notamment par Louis Jouvet et Charles Dullin. Sacha Guitry utilise déjà au théâtre les techniques qu’il utilisera plus tard au cinéma s’approprier les règles, les codes d’un genre, les détourner et les plier à son propre style. Avec le cinéma, les rapports sont d’abord très tendus. Il fait une première tentative en 1915, en réalisant Ceux de chez nous, en réaction à un manifeste allemand exaltant la culture germanique. Il filme certains amis de son père, Rodin, Claude Monet, Anatole France, Auguste Renoir, entre autres. Il note leurs paroles et les répète durant les diffusions publiques, inventant en quelque sorte, et avant l’heure, la voix off. Portrait de Sacha Guitry dans son bureau de l’avenue Elisée-Reclus en 1942, par Léon Gard coll. André Bernard Comme Jouvet, il reproche au cinéma de ne pas avoir la même puissance que le théâtre et ne s’y met qu’en 1935, sous l’influence de sa jeune épouse Jacqueline Delubac. Comprenant que le cinéma permet une survie, en fixant les images sur la pellicule, il décide de mettre en boîte certaines de ses pièces de théâtre. D’abord Pasteur, écrite par Sacha pour son père Lucien Guitry et interprétée par ce dernier, pièce qui donne libre cours à sa passion pour l’histoire et les personnages historiques. Œuvre prophétique car, dans une scène, Louis Pasteur, joué par Sacha Guitry, déclare à ses confrères Messieurs, je sais que je n’utilise pas le style conventionnel auquel vous êtes habitués. » Phrase lourde de sens qui semble destinée aux critiques qui le dénigrent depuis qu’il fait du théâtre. La même année, il réalise Bonne chance ! et donne le premier rôle féminin à Jacqueline Delubac. Le style de Guitry s’y affirme un peu plus. En 1936, il tourne à partir de la pièce qu’il a écrite Le nouveau testament. Puis, toujours en 1936, il réalise Le roman d’un tricheur, pour beaucoup son chef-d’œuvre. Dans ce film, presque sans dialogue, à l’exception de quelques scènes, Guitry met en scène l’unique roman qu’il a écrit, Mémoires d’un tricheur. Il est le narrateur du film, et déjà son goût pour les histoires contées apparaît. Si l’histoire peut sembler banale, elle est en fait un éloge du cinéma, art de l’illusion. Tout Guitry est contenu dans ses quatre premiers films jeu avec les procédés filmiques, reconstitution d’évènements ou biographie de personnages historiques, adaptations théâtrales. De 1935 à 1937, en trois ans, Guitry réalise dix films, dont au moins trois chefs-d’œuvre[2]. À la fin des années 1930, tout va pour le mieux dans la vie de Guitry. Le seul point noir est son divorce d’avec Jacqueline Delubac, mais il se console rapidement et épouse Geneviève de Séréville qui est la seule de ses cinq épouses à porter le nom de Guitry. À propos des femmes, Guitry a déclaré Les femmes, je suis contre... tout contre. » Son nom est proposé pour l’Académie française mais Guitry refuse la condition qu’on lui impose abandonner son activité de comédien. En 1939, il est élu à l’Académie Goncourt et réalise Ils étaient neuf célibataires, avec de nombreuses vedettes dont Elvire Popesco. Guitry y traite du mariage blanc, thème éternel. Mais le film est en prise presque directe avec l’actualité car l’histoire part d’un décret qui oblige les étrangers à quitter la France. Le lendemain de la première de son film, la guerre éclate. Les années noires La situation se complique pour le Parisien Guitry qui ne veut pas quitter la capitale alors sous l’Occupation allemande. Pendant quatre ans, à l’écart de toute pensée politique, il continue sa vie d’homme de théâtre et de cinéma, pensant ainsi assurer la présence de l’esprit français face à l’occupant allemand[3]. Il joue de son influence pour obtenir la libération de personnalités, notamment de l’écrivain Tristan Bernard et de son épouse, et parvient à mettre en scène Le Destin fabuleux de Désirée Clary, autour de la célèbre fiancée de Napoléon, film qui oppose la figure de l’Empereur aux visées de l’impérialisme allemand, et Donne-moi tes yeux, réflexion originale sur le regard masculin ». Son album 1429-1942 - De Jeanne d’Arc à Philippe Pétain, catalogue des gloires françaises, politiques et artistiques, témoigne, toutefois, d’un aveuglement politique assez permanent, au point de faire l’objet d’un film de présentation, projeté en mai 1944. Le 23 août 1944, lors de la Libération de Paris, quelques heures après avoir parlé au téléphone avec son amie Arletty, il est arrêté par un groupe de résistants, agissant de leur propre initiative, qui lui reprochent son attitude à l’égard de l’occupant allemand. Il est incarcéré 60 jours sans inculpation. Il est alors dénoncé dans la presse - sur des rumeurs infondées - par des écrivains comme Pierre Descaves ou certains journalistes du Figaro dirigé alors par Pierre Brisson, dont il s’était fait un ennemi. Le juge d’instruction, ne sachant que lui reprocher, fait paraître dans les journaux, à deux reprises, des annonces demandant qu’on lui communique les accusations contre Guitry. Il n’obtient aucune réponse probante et classe le dossier[5]. Guitry obtient, en 1947, un non-lieu tardif il dira plus tard qu’il aurait préféré un procès. Ses détracteurs oublient qu’il s’est toujours opposé à ce que ses pièces soient jouées en Allemagne. Il s’en souviendra et lorsqu’il déclare à Pauline Carton, dans le générique de La Poison, que le décor de la cellule a été réalisé à partir de ses souvenirs, on sent poindre l’amertume dans sa voix. Tentant de prendre la chose avec humour, il déclare La Libération ? Je peux dire que j’en ai été le premier prévenu. » Il publiera ses souvenirs sous forme de deux récits Quatre ans d’occupations un pluriel significatif pour la période de 1940 à août 1944 et 60 jours de prison pour les deux mois pénibles et humiliants qui suivirent. Il commente, en filigrane, son comportement dans Le Diable boiteux, biographie de Talleyrand qui soutint plusieurs régimes avec toujours comme seul but de servir la grandeur de la France. Réhabilitation Les années 1930 ont été des années de rêves et les années 1940 des années noires ; les années 1950 vont être une synthèse des deux décennies écoulées. Il rédige le scénario d’Adhémar ou le jouet de la fatalité mais, malade, il en confie la réalisation à Fernandel, qui a déjà réalisé un film. Devant le résultat, Guitry s’estime trahi et intente un procès à Fernandel. Procès qu’il perd. Ce film annonce la suite de l’œuvre du cinéaste. Le ton est plus mélancolique Le comédien, Deburau, Le Trésor de Cantenac, parfois caustique Je l’ai été trois fois, La Poison, La Vie d’un honnête homme, mais toujours comique Toâ, Aux deux colombes, Tu m’as sauvé la vie. Ses amis le soutiennent et la reconnaissance vient avec la commande de grosses productions historiques Si Versailles m’était conté, Napoléon, Si Paris nous était conté. Mots d’esprits et distribution prestigieuse font le charme de ces fresques. Il n’oublie pas son arrestation et réalise le très caustique Assassins et voleurs emmené par le duo Jean Poiret-Michel Serrault et dans lequel Darry Cowl fait ses débuts avec une scène pratiquement improvisée mais hilarante. Les trois font la paire est le dernier film qu’il réalise avec l’aide de l’acteur-producteur-réalisateur Clément Duhour, car la maladie l’a beaucoup affaibli. Film-somme sur le cinéma de Guitry où l’on retrouve tout ce qui fait le sel de son œuvre jeu avec les procédés filmiques, fidélité avec certains acteurs, humour caustique. Son testament artistique est le scénario de La Vie à deux qu’il rédige et où il refond plusieurs de ses pièces ; c’est Clément Duhour qui le réalisera après la mort du cinéaste, avec une pléiade de vedettes venues rendre hommage au maître. Sacha Guitry repose au cimetière de Montmartre, à Paris, avec son père Lucien Guitry, son frère Jean, mort en 1920, et sa dernière épouse Lana Marconi, décédée en 1990. Sacha Guitry incarné par Denis Podalydès à la Cinémathèque française le 15 décembre 2007 Sacha Guitry et les acteurs Sacha Guitry tient le rôle principal de presque tous ses films. Mais il sait parfois s’effacer lorsque cela est nécessaire, comme dans le film à sketch Ils étaient neuf célibataires, avec de grands noms au générique Saturnin Fabre, Elvire Popesco, Gaston Dubosc. L’homme est un ami fidèle et Pauline Carton est de pratiquement tous ses films, Guitry lui inventant parfois des rôles. Il confie le rôle principal de La Poison et de La Vie d’un honnête homme à Michel Simon, ainsi que celui de son dernier film Les trois font la paire que Simon n’aime pas mais qu’il accepte de jouer par amitié pour Guitry alors mourant. Acteur mais également metteur en scène, il sait détecter les nouveaux talents Louis de Funès, Darry Cowl, Michel Serrault, Jacqueline Delubac pour ne citer que ceux-là, sont lancés par Guitry. Raimu, reconnaissant envers celui qui l’a lancé, accepte de jouer gratuitement dans Les Perles de la couronne, et Guitry écrit sur mesure, pour Fernandel, le scénario d’Adhémar. Il sollicite souvent Gaby Morlay pour jouer des pièces de théâtre, et deux de ses films. Parmi les grands noms déjà cités, signalons également Erich Von Stroheim, Orson Welles, Jean Cocteau, Jean Gabin, Gérard Philipe, Jean Marais, Danielle Darrieux, Michèle Morgan, Pierre Larquey, Jean-Louis Barrault, Arletty, Édith Piaf, Robert Lamoureux, Yves Montand, Jean-Pierre Aumont, Luis Mariano, Jacques Varennes, Suzanne Dantès, Saturnin Fabre, Brigitte Bardot... Tout au long de son œuvre, Guitry se fait le chantre du comédien, de son père en particulier. Il réalise une biographie, Le comédien, et une adaptation théâtrale, Mon père avait raison. Pour lui, Lucien Guitry et Sarah Bernhardt sont les deux plus grands acteurs du monde et il ne manque pas de le rappeler dans les nombreux articles qu’il signe. Du reste, certains de ses films semblent être conçus pour les acteurs Les Perles de la couronne, Ils étaient neuf célibataires, Le Trésor de Cantenac, ou encore sa trilogie historique. Sacha Guitry et la critique Avec la critique, Sacha Guitry a toujours entretenu des relations conflictuelles, et ce dès son travail au théâtre. Guitry invente un style qui lui est propre, basé sur des dialogues incisifs et percutants, souvent déclamés par lui. C’est son statut de comédien et d’auteur complet, son apparente facilité et le succès constant qu’il obtient pendant plus de vingt ans, qui le rendent insupportable aux yeux des critiques. Du reste, Guitry se venge tout au long de son œuvre et ne cesse de railler cette profession qui n’a jamais voulu faire l’effort de le comprendre. On reproche à ses films de n’être que du théâtre filmé ». Mais Guitry, comme Marcel Pagnol, autre auteur dramatique de théâtre et de cinéma, impose son style, se construit un univers à part entière. Souvent, les critiques reprochent à Guitry de dévoiler les artefacts du tournage. Le cinéaste, en montrant son style, appose sa griffe et empêche quiconque de le copier. Le summum est atteint avec Ils étaient neuf célibataires à la fin du film, Guitry mélange réalité et fiction en faisant croire à l’amant sérieux » d’Elvire Popesco que tous deux sont en train de tourner un film. La réalité va plus vite que la fiction. Et le film se fait descendre par la critique, malgré des réactions positives. Parmi les critiques les plus virulentes, on retrouve régulièrement l’accusation de mégalomanie, de prétention. Lorsque Guitry met en scène Si Versailles m’était conté, film montrant le château de Versailles de sa naissance à nos jours, on lui reproche d’être passé à côté de son sujet et d’avoir réalisé une visite au musée Grévin. La critique démolit le film et oublie que Guitry est réalisateur avec toutes les responsabilités que cela implique, mais également scénariste, dialoguiste et acteur. Peu de cinéastes assument autant de charges. Précisons qu’Orson Welles, qui a joué dans Si Versailles m’était conté et Napoléon, considérait Guitry comme son maître. Du reste, il existe plusieurs points communs entre les deux artistes tous deux hommes de théâtre, de radio, férus de littérature, ayant le même sens de l’humour. Une autre hypothèse peut être envisagée pour expliquer ses rapports tendus avec la critique la virtuosité et l’évidente facilité avec laquelle le Maître se meut dans l’univers filmique. Lorsqu’il réalise Le Destin fabuleux de Désirée Clary, il place le générique en plein milieu du film et s’offre le luxe de changer plusieurs interprètes avec une finesse rare. Du cinéma, Guitry a déclaré C’est une lanterne magique. L’ironie et la grâce ne devraient pas en être exclues. » Une autre anecdote résume le personnage lors du tournage de Napoléon film, 1955, un technicien, en visionnant les rushes, fait remarquer à Guitry que l’on voit une caméra dans le champ. Le cinéaste lui répond Mon ami, le public se doute bien que nous avons utilisé des caméras pour réaliser ce film. »[6] Désinvolture, élégance, finesse et humour alliés à une solide maîtrise technique. Cela a de quoi attirer les médisances et les jalousies. Il est réhabilité par la Nouvelle Vague[7] et François Truffaut[8] en particulier, qui voit en lui l’auteur complet, comme Charlie Chaplin. Un pseudo-misogyne, marié cinq fois Malgré sa posture de misogyne, Sacha Guitry a été marié cinq fois, et uniquement avec des actrices encore que les deux dernières ne le soient devenues qu’à son contact. On lui connaît en outre de nombreuses liaisons avec des comédiennes et artistes, parmi lesquelles la danseuse Belle Époque » Jane Avril, la comédienne Arletty, qui a refusé de l’épouser J’allais pas épouser Sacha Guitry, il s’était épousé lui-même ! », cité par Francis Huster, les actrices Simone Paris qui consacre un chapitre de ses mémoires, Paris sur l’oreiller, au récit détaillé de leur romance, Mona Goya et Yvette Lebon, etc. Cinq épouses donc 1. Charlotte Lysès 1877 - 1956, qu’il épouse le 14 août 1907 à Honfleur, au grand dam de Lucien Guitry, ex-amant de Charlotte... Elle crée 19 pièces de son mari et reprend Nono en 1910. Séparé depuis avril 1917, le couple divorce le 17 juillet 1918. 2. Il épouse Yvonne Printemps 1894-1977 à Paris le 10 avril 1919, avec comme témoins Sarah Bernhardt, Georges Feydeau, Lucien Guitry avec qui il vient juste de se réconcilier et Tristan Bernard. Yvonne Printemps crée 34 pièces de Sacha Guitry, en reprend 6 autres et interprète un de ses films, Un roman d’amour et d’aventures 1918. Yvonne Printemps ne sait pas être fidèle elle a des aventures avec Jacques-Henri Lartigue, Maurice Escande, Pierre Fresnay, d’autres... Le 15 juillet 1932, Yvonne Printemps quitte Sacha Guitry pour Pierre Fresnay lequel de son côté quitte pour elle la comédienne Berthe Bovy, mais ne l’épouse jamais. Le divorce entre Sacha et Yvonne est prononcé le 7 novembre 1934. 3. Il se marie avec la jeune Jacqueline Delubac 1907-1997, de 22 ans sa cadette, le 21 février 1935 à Paris. Comme il a 50 ans, il annonce leur mariage en déclarant J’ai le double de son âge, il est donc juste qu’elle soit ma moitié », rajeunissant légèrement et galamment la mariée et dès lors, pour la beauté du mot et l’exactitude des comptes, Jacqueline prétendra être née en 1910 et non en 1907. Elle joue 23 pièces de son mari, dont 10 créations et 13 reprises à Paris et en tournée, et interprète 11 de ses films. Séparés depuis le 15 décembre 1938, les deux époux divorcent le 5 avril 1939. 4. Son mariage avec Geneviève de Séréville 1914-1963 est célébré les 4 et 5 juillet 1939 à Fontenay-le-Fleury. Geneviève crée 5 pièces de son mari à Paris, en reprend 4 autres à Paris ou en tournée et interprète 5 de ses films. Le couple se sépare en avril 1944 et leur divorce est prononcé le 25 juillet 1949. 5. Il épouse enfin Lana Marconi 1917-1990 le 25 novembre 1949 à Paris. Elle crée 7 pièces de son mari, en reprend 2 autres et interprète 13 de ses films. Guitry a souvent évoqué sa prédilection pour les femmes La vie sans femme me paraît impossible ; je n’ai jamais été seul, la solitude c’est être loin des femmes », mais il s’est acquis une réputation de misogyne que bien des répliques de ses pièces semblent confirmer. Ses épouses, cependant, qui lui ont reproché bien des choses, ne lui ont jamais fait le reproche d’être misogyne mais évoquent au contraire son amour pour les femmes, sa séduction et sa finesse. Dans Faut-il épouser Sacha Guitry ?, Jacqueline Delubac écrit À la femme il refuse la logique de l’esprit, pas celle du sexe ! Traduction il ne suffit pas que la femme dispose, il faut qu’elle propose. C’est le caprice de Sacha de tout attendre du caprice des femmes » ; et plus loin Sacha, tu es un diable électrique ! Tu connais les escaliers cachotiers du cœur ! Les drôles de coin ! ». Geneviève de Séréville, dans Sacha Guitry mon mari, évoque les causeries de Sacha sur l’amour et les femmes et avance une hypothèse Parler des femmes et de l’amour n’est-il pas devenu, pour lui, une sorte de jonglerie dans laquelle son cœur ne joue aucun rôle, mais seulement son aisance dans l’ironie, son goût excessif du paradoxe ». Avec les salves de misogynie de quelques-unes de ses pièces, Guitry se venge sans doute, avec des mots, des infidélités, des maux, que certaines de ses compagnes ont pu lui faire subir, Yvonne Printemps notamment. Mais Dominique Desanti, dans la biographie qu’elle lui a consacrée, remarque aussi, à propos de N’écoutez pas Mesdames, pièce tissée de railleries contre les femmes Sous les répliques spirituelles court l’angoisse de l’homme vieillissant face à une femme trop jeune qui lui échappe... ce qu’il trouve à la fois insupportable et naturel ». Guitry lui se justifie en disant Tout ce mal que je pense et que je dis des femmes, je le pense et je le dis, je ne le pense et je ne le dis que des personnes qui me plaisent ou qui m’ont plu ». Ce n’est d’ailleurs pas tant avec les femmes qu’il a un problème, qu’avec le mariage Le mariage, c’est résoudre à deux les problèmes que l’on n’aurait pas eu tout seul ». La séduction a certainement pour lui plus de charme que le quotidien à deux. Il écrit cependant Il faut courtiser sa femme comme si jamais on ne l’avait eue... il faut se la prendre à soi-même ». Si l’on peut citer bien des répliques et des "bons ? mots" misogynes dans ses pièces et dans ses causeries, aucun témoignage ne donne d’exemple de propos semblables dans l’intimité et encore moins de gestes ou d’attitudes qui pourrait laisser penser que l’homme Sacha Guitry ait été un misogyne. Selon Francis Huster, fin connaisseur de Sacha On dit souvent que Guitry est misogyne ; c’est n’importe quoi. Dans ses pièces, c’est l’homme qui trompe, pas la femme. Il était fou des femmes. Elles n’ont malheureusement jamais été folles de lui. Peut-être parce qu’il n’a jamais su les entendre, même s’il savait leur parler[9] ». Divers * Sacha est le diminutif russe d’Alexandre. Le tsar Alexandre III était en effet son parrain. * Comme il l’explique dans son discours de cent lignes, prononcé lors du banquet du centenaire de Janson-de-Sailly, il fut expulsé de 11 lycées différents. Il explique dans un de ses ouvrages que c’était en raison des déplacements de son père qu’il redoubla sa sixième 10 fois. En effet, à l’époque, on recommençait l’année si l’on changeait d’établissement, ce qui était périodiquement son cas. Il fêta ses 18 ans en sixième et arrêta là ses brillantes études. * Durant l’hiver 1889, alors que Sacha a 4 ans, son père, Lucien Guitry, qui est en train de se séparer de son épouse, sort un moment avec Sacha pour chercher des gâteaux au coin de la rue, et de coin de rue en coin de rue car la pâtisserie la meilleure est plus loin, il l’entraîne en fait jusqu’en Russie, lieu de ses futures représentations. En Russie, Sacha joue enfant devant le Tsar et la famille impériale. C’est là-bas qu’il entend que son père va jouer tous les soirs pour travailler ». * Malgré le vif soutien de Tristan Bernard et de nombreuses personnalités de la Résistance, Sacha Guitry est injustement soupçonné de collaboration à la Libération, et incarcéré pendant 60 jours d’où son livre 60 jours de prison. Un non-lieu complet est prononcé. Il n’y avait donc pas lieu ! », commenta ironiquement Sacha Guitry, qui déclara par ailleurs La Libération ? Je peux dire que j’en ai été le premier prévenu. » Pour la petite histoire, c’est Alain Decaux qui évite le pillage de sa maison car il est à l’époque mobilisé et, connaissant Guitry, il demande à surveiller sa maison. En souvenir de ce beau geste, Lana Guitry lui offre l’émeraude que Sacha portait et qui trône désormais sur la poignée de son épée d’académicien. De son arrestation, il dit Ils m’emmenèrent menotté à la mairie. J’ai cru qu’on allait me marier de force ! » * Le divorce par consentement mutuel n’étant pas reconnu à une époque, des lettres d’injures mutuelles étaient exigées de la part des deux parties pour en obtenir le prononcé. Dans les divorces concernant Sacha Guitry, notamment celui soldant son mariage avec Yvonne Printemps, on reconnaît nettement sa patte d’humoriste dans les lettres fournies par les deux » parties. * Collectionneur avisé, il possédait dans son hôtel particulier du Champ de Mars, 18 avenue Élisée-Reclus une splendide collection d’œuvres d’art peintures, sculptures, lettres autographes... dont il souhaitait faire, à sa mort, un musée. Malheureusement, les œuvres furent peu à peu dispersées à sa mort et son projet ne vit jamais le jour. Malgré les protestations de ses nombreux amis l’hôtel fut démoli en 1963. * À l’occasion de son jubilé sa première pièce ayant été jouée le 16 avril 1902 au Théâtre des Mathurins l’éditeur Raoul Solar réalisa gracieusement en 1952 un ouvrage intitulé simplement 18 avenue Elisée Reclus, commenté par Sacha lui-même. Il peut être considéré comme le catalogue de l’exposition de ses collections, exposition faite au bénéfice des œuvres charitables de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques SACD. Œuvre théâtrale * Le Page 1902, pièce en un acte, en vers ; * Le 1905 ; * Nono 1906, pièce en trois actes ; * Chez les Zoaques 1906 ; * La Clef 1907, qui connut un four ; * Petite Hollande 1908, préface d’Octave Mirbeau ; * Le Veilleur de nuit 1911 ; * La Prise de Berg-Op-Zoom 1912 ; * La Pèlerine écossaise 1914 ; * Deux Couverts 1914 ; * Une paire de gifles ; * La Jalousie 1915 ; * Faisons un rêve 1916 ; * Jean de La Fontaine 1916 ; * L’Illusionniste 1917 ; * Un soir quand on est seul 1917 ; * Deburau 1918 ; * Pasteur 1919 ; * Le Mari, la Femme et l’Amant 1919 ; * Mon père avait raison 1919 ; * Béranger 1920 ; * Je t’aime 1920 ; * Comment on écrit l’histoire 1920 ; * Le Comédien 1921 ; * Le Blanc et le Noir 1923 ; * L’Amour masqué 1923, comédie musicale, musique de André Messager ; * L’Accroche-cœur ; * Un sujet de roman 1924, pièce inspirée par le couple d’Octave Mirbeau et Alice Regnault ; * Mozart 1925, comédie musicale ; * Désiré 1927 ; * Mariette ou Comment on écrit l’histoire 1928, comédie musicale ; * Histoires de France 1929 ; * Franz Hals 1931 ; * Villa à vendre 1931 ; * Françoise 1932 ; * Les Desseins de la providence 1932 ; * Châteaux en Espagne 1933 ; * Ô, mon bel inconnu 1933, comédie musicale ; * Un tour au paradis 1933 ; * Florestan Ier, prince de Monaco 1933 ; * Le Nouveau Testament 1934 ; * Quand jouons-nous la comédie ? 1935 ; * La Fin du monde 1935 ; * Le Mot de Cambronne 1936 ; * Quadrille 1937 ; * Dieu sauve le roi 1938 ; * Un monde fou 1938 ; * You’re telling me 1939 ; * Florence 1939 ; remanié en 1949 sous le titre Toâ * Une paire de Gilles 1939, en un acte ; * Une lettre bien tapée 1939, en un acte ; * Fausse Alerte 1939, en un acte ; * Le Bien-aimé 1940 ; * Vive l’empereur 1941 ; * N’écoutez pas, mesdames 1942 ; * Talleyrand 1947 ; * Aux deux colombes 1948 ; * Toâ 1949, c’est Florence remaniée ; * Tu m’as sauvé la vie 1949 ; * Beaumarchais 1950, pièce qui n’a pas été jouée ; * Une folie 1951. Filmographie Réalisateur Tous les films sauf exception en tant que scénariste, dialoguiste et acteur. Les mentions d’adaptation de ses propres pièces, et leurs dates de première représentation, restent à relever. * 1914 Oscar rencontre Mademoiselle Mamageot - film de famille, inédit, de 3mn 50’ - * 1915 Ceux de chez nous documentaire La première version muette, durait 22 mn ; elle était destinée à être projetée accompagnée d’une causerie de Guitry. La version sonorisée date de 1939. La version finale remaniée, en 1952, dure 44 mn et crédite Frédéric Rossif comme collaborateur. * 1922 Une petite main qui se place - court épilogue filmé de la pièce homonyme - * 1934 Dîner de gala aux ambassadeurs - Documentaire de 5 mn * 1935 Pasteur co-réalisation avec Fernand Rivers * 1935 Bonne chance ! * 1936 Le Nouveau Testament co-réalisateur Alexandre Ryder * 1936 Le Roman d’un tricheur * 1936 Mon père avait raison * 1936 Faisons un rêve * 1937 Le Mot de Cambronne - moyen métrage * 1937 Désiré * 1937 Les Perles de la Couronne co-réalisateur Christian Jaque * 1937 Quadrille * 1938 Remontons les Champs-Élysées collaboration technique Robert Bibal * 1939 Ils étaient neuf célibataires * 1941 Le Destin fabuleux de Désirée Clary, collaboration technique René Le Hénaff * 1942 La Loi du 21 juin 1907 - court-métrage * 1944 De Jeanne d’Arc à Philippe Pétain, mise en film du livre homonyme, 58 mn * 1943 Donne-moi tes yeux * 1943 La Malibran * 1947 Le Comédien * 1948 Le Diable boiteux * 1949 Aux deux colombes * 1949 Toâ * 1950 Tu m’as sauvé la vie * 1950 Le Trésor de Cantenac * 1951 Deburau * 1951 La Poison * 1952 Je l’ai été trois fois * 1953 La Vie d’un honnête homme narrateur * 1953 Si Versailles m’était conté... * 1955 Napoléon * 1955 Si Paris nous était conté... * 1957 Assassins et voleurs n’apparaît pas dans le film * 1957 Les trois font la paire Sacha Guitry apparaît pour la dernière fois, et seulement au générique Scénariste liste non exhaustive * Le Blanc et le Noir 1931, de Robert Florey et Marc Allégret ; * L’Accroche-cœur 1938, de Pierre Caron ; * Adhémar ou le jouet de la fatalité 1951, réalisé par Fernandel - Sacha Guitry malade n’a pas pu superviser l’œuvre selon ses souhaits scénariste et dialoguiste seulement ; Documents * 1935 Poste Parisien Premier spectacle de télévision de Maurice Diamant-Berger - court métrage - * 1951 Le musée de Sacha Guitry de Stéphane Prince - court métrage - Œuvre écrite liste non exhaustive * 1910 La Correspondance de Paul Roulier-Davenel, Dorbon aîné. Réédition Éditions Bernard de Fallois, prévue janvier 2009 * 1930 Lucien Guitry raconté par son fils, Raoul Solar * 1931 La Maison de Loti, Paillart * 1935 Mémoires d’un tricheur, Gallimard NRF * 1947 Quatre ans d’occupation, Éditions de l’Élan * 1947 Toutes réflexions faites, Éditions de l’Élan * 1949 60 jours de prison fac-similé du manuscrit, illustré par des dessins de l’auteur, Éditions de l’Élan * 1979 Le petit carnet rouge et autres souvenirs inédits, Perrin Adaptations de son œuvre Liste non exhaustive * La Vie à deux 1958, de Clément Duhour, adapté de cinq pièces de Sacha Guitry ; Désiré, L’Illusionniste, Une paire de gifles, Le Blanc et le Noir et Françoise reliées entre elles par un scénario-prétexte. On ne sait quelle fut la part exacte de Guitry dans l’écriture des séquences de liaison probablement le fait de son secrétaire Stéphane Prince, lequel se cacherait derrière le mystérieux Jean Martin crédité par le générique comme coscénariste. Les affiches du film présentent La Vie à deux comme le dernier film de Sacha Guitry... lequel mourut près d’un an avant le début du tournage ; * Au voleur ! 1960, de Ralph Habib, d’après un scénario original inédit, remanié et adapté par Jean-Bernard Luc ; * Beaumarchais l’insolent 1995, d’Édouard Molinaro, adapté de la pièce inédite Beaumarchais et du scénario inédit lui aussi Franklin et Beaumarchais ; * Désiré 1996, de Bernard Murat, d’après la pièce et le film éponymes ; * Quadrille 1997, de Valérie Lemercier, d’après la pièce et le film éponymes ; * Le Comédien 1996, de Christian de Chalonge, d’après la pièce et toutes proportions gardées le film éponymes ; * Un crime au paradis 2000, de Jean Becker, remake du film La Poison, avec Josiane Balasko, Jacques Villeret et André Dussolier. L’action a été librement transposée du début des années 50 à l’aube des années 80. Autres participations Sacha Guitry apparait également en tant qu’acteur au générique de deux films muets, l’un de 1917 Un roman d’amour et d’aventures, dont il a également écrit le scénario et l’autre de 1922 épilogue filmé de sa pièce Une petite main qui se place, mais encore, si l’on s’en réfère à un article paru dans la presse télé au début des années 1980 et à la filmographie établie par Claude Gauteur et André Bernard dans la réédition 1984 de l’ouvrage Sacha Guitry, le Cinéma et Moi, dans La Huitième Femme de Barbe-Bleue Blue Beard’s Eighth Wife 1938, d’Ernst Lubitsch. Ces deux sources mentionnent également la présence de Geneviève de Séréville aux côtés de son futur mari durant ce caméo furtif. Néanmoins, dans la copie de la version américaine sous-titrée, le couple n’apparaît pas à l’image. Citations * Si ceux qui disent du mal de moi savaient exactement ce que je pense d’eux, ils en diraient bien davantage ! * Je n’ai qu’une seule ambition ne pas plaire à tout le monde. Plaire à tout le monde c’est plaire à n’importe qui. * On peut faire semblant d’être grave, on ne peut pas faire semblant d’avoir de l’esprit. * Ce qui ne me passionne pas m’ennuie. * Etre riche ce n’est pas avoir de l’argent - c’est en dépenser. * Il y a des gens sur qui on peut compter. Ce sont généralement des gens dont on n’a pas besoin. * On n’est pas infaillible parce qu’on est sincère. * A quoi bon apprendre ce qui est dans les livres, puisque ça y est ?. * -Me donneriez-vous vingt-cinq ans ? - Si j’avais vingt-cinq ans, je les garderais pour moi. * On parle beaucoup trop aux enfants du passé et pas assez de l’avenir - c’est-à-dire trop des autres et pas assez d’eux-mêmes. * Le jour où l’on vous traitera de parvenu, tenez pour certain le fait que vous serez arrivé. Notes et références 1. ↑ Pourquoi je suis né » [archive] 2. ↑ a b Sacha Guitry, cinéaste. Ed Yellow Now, 1993 3. ↑ Dominique Desanti évoque une réussite maintenue à travers l’horreur de l’occupation, comme si de préserver les succès et le luxe de Guitry était nécessaire à la survie de la France ». Sacha Guitry. Grasset, 1982 4. ↑ Plus que les goûts même de Guitry, c’est plutôt comme une vaste déclinaison de gloires que ce film apparaît, et l’assez naïf rempart de leur protection. » Philippe Arnaud, Sacha Guitry, cinéaste. Ed Yellow Now, 1993 5. ↑ Dominique Desanti. Sacha Guitry. Grasset, 1982 6. ↑ Alain Keit. Le cinéma de Sacha Guitry. Vérités, mensonges, simulacres. Éditions du Céfal, 2002 7. ↑ Cahiers du Cinéma, N°173, déc. 1965, Spécial Guitry-Pagnol 8. ↑ Sacha Guitry fut un vrai cinéaste, plus doué que Duvivier, Grémillon et Feyder, plus drôle et certainement moins solennel que René Clair. Guitry est le frère français de Lubitsch ». F. Truffaut, Les Films de ma vie. 1975 9. ↑ Journal du Dimanche, Jeudi 10 janvier 2008
Dans ta peau Sybille a perdu son amour et le leader de son groupe de musique. Perdu au sens littéral il s’est évaporé sans laisser de trace, comme le chanteur Alain Kan en 1990. Face à cette disparition, Sybille loue un appartement pour s’y enfermer. Ce lieu va agir comme un révélateur depuis qu’elle est enfant, elle entend une voix au fond d’elle qu’elle a toujours cherché à faire taire. Cette voix va prendre les commandes de sa vie. Conte fantastique écrit avec l’auteur-compositeur Romain Tiriakian, Dans ta peau aborde la longue quête pour trouver sa voix/e. Celle au fond de sa gorge et celle dans laquelle on s’embarque. Cette pièce charrie aussi l’histoire des créatrices qui se sont fait passer pour un autre quand il était impossible de signer de leur nom. C’est l’histoire d’un travestissement, des masques que l’on doit mettre pour se révéler. NOTE D’INTENTION À l’heure où les artistes sont encouragés à nous ouvrir une fenêtre sur leur intimité, souvent factice et bâtie de toutes pièces par des agences de com, on peut questionner le pouvoir d’attraction de l’anonymat, du sans visage qui finalement en devient mille. Comme dans Dorian Gray, le roman fantastique d’Oscar Wilde, il y a dans cette histoire un prix à payer pour entrer dans la lumière. Sybille fait une sorte de pacte, une nuit. Elle laisse la place à son autre elle » sans savoir si elle pourra le contrôler. Et immanquablement elle se laissera dépasser et devra ôter son masque pour ne pas être aspirée. » – Julie Ménard EXTRAIT Aveugle, j’ écoute pour la première fois ma respiration Et suis frappée par une conviction Implacable Quelque chose doit se passer Ou cesser Et tout m’ apparaît clair soudain dans le noir Mille possibilités en un instant Et pourtant je n’en vois que deux En finir pour de bon Ou continuer Mais sans moi M’en sortir de moi Changer d’enveloppe Avec le soutien de la Région Île-de-France pour l’ÉPAT. Durée estimée 1h30 Grande Salle Carte TO Plein tarif 6€ Entrée libre Tarif réduit 4€ Entrée libre Universités, lycées, collègesgratuité pour les accompagnateurs 4€ Associations, groupesà partir de 6 personnes 4€ Comité d'entreprise, adhérents Ticket-Théâtres 4€ Ahouvi Vendredi 16 décembre à 19h30 À la suite d’une relation intense, à la fois paradis sensuel et tombeau ténébreux, IL est à bout, il ne peut plus, il coule, il cherche une nouvelle forme de vie en quête de liberté. ELLE nous raconte leur histoire, depuis le premier jour, comme si le pouvoir de celle-ci lui permettait de la garder à l’abri d’une nouvelle tant redoutée. Au centre de leur vie conjugale, il y a le fruit de la récolte – le chien, le déni. C’est par cette présence animale que la tragédie nous engloutit, que l’histoire se fond. Ahouvi, en hébreu, veut dire mon amour ». Ahouvi est une histoire d’amour entre un Français et une Iraélienne, la séparation d’un couple face à la violence et la destruction, mais aussi face à la beauté d’un champ de bataille. Ce texte est un hommage, un hymne à la vie et un oratorio de la douleur. NOTE D’INTENTION À l’âge de 18 ans, 4 mois avant de commencer mon service militaire comme soldat israélien à Gaza, j’ai créé ma première pièce, Sous le ciel bleu et des nuages blancs. 24 mois plus tard, j’ai déserté le service militaire, et entaché à jamais ma citoyenneté israélienne. C’était le début d’une recherche, d’un voyage, d’un questionnement autour de mon rôle comme occupant, comme un juif israélien conscient de sa responsabilité. Je ne suis pas là-bas. Mais l’espace est toujours vivant dans mon corps. J’habite en France depuis presque 9 ans quand je commence à écrire Ahouvi au début de l’été 2021. J’ai en tête mon projet d’écriture Adesh, nouveau volet du travail artistique que je mène autour de mon identité israélienne et de la relation avec mon pays. Dans cet opus j’aborde le conflit israéloarabe vu depuis là-haut, vu par les oiseaux de la Cisjordanie où j’ai séjourné pendant 2 mois en résidence de recherche. Mais pendant ce travail d’écriture, pendant ce dialogue intime et intérieur, alimenté par l’inquiétude que je ressens face à la montée du nationalisme en France, les choses ont radicalement changé pour moi en tant qu’auteur je veux rester en France, je veux parler d’amour, de l’amour que j’ai pour la France et de l’inquiétude que je ressens pour l’avenir de ce pays. C’est ici que je me sens plus libre, plus fragile, plus vivant. Ce pays est mon refuge mais j’ai peur de ne plus pouvoir rester ici. Je ne vois plus la France avec les mêmes yeux, avec le même regard, que quand je suis arrivé. Je ne sais pas où elle est. Je la cherche. J’ai besoin de parler d’amour parce que je suis encore ici. J’ai besoin de parler d’amour pour me préparer au moment où l’on se séparera, au moment où rien ne sera plus pareil. C’est le temps du mythe qui rejoint la réalité. Cet été j’ai décidé de m’écouter, j’ai écrit et terminé le texte de Ahouvi d’un seul geste, même si, au début, ce changement de projet m’a perturbé. Il est sorti de mon corps, en urgence, comme si je l’avais vomi ». C’était douloureux et merveilleux en même temps. Je l’ai terminé fin août 2021, ce n’est plus Adesh, mais Ahouvi. Le titre a changé et l’histoire a pris sa liberté. Bien évidemment, la toile de fond est toujours la relation avec mon pays, Israël. Mais cette fois-ci je veux en parler comme une relation plus intime, amoureuse, sentimentale. Et j’ai décidé de reporter à plus tard la création de Adesh. Je suis un voleur, je vole la vie, la mienne et celle des autres et je les mélange avec la fiction. La fiction c’est ma libération. En utilisant le trouble, l’humour et l’autodérision, mon nouveau récit prend la forme féroce d’une histoire d’amour et relate la rupture d’un couple, France-Israël en quelque sorte. Une histoire d’amour que j’ai vécu avec la France et en France depuis mon arrivée, depuis neuf ans. Une histoire qui raconte, de façon clandestine, ce que c’est que d’être étranger dans un pays, et les répercussions que cela peut avoir dans les relations ambiguës et irrégulières avec son pays natal. Il s’agit d’affronter la violence quotidienne, cachée et discrète, jusqu’au moment où l’on devient notre propre ennemi. Il s’agit de vivre l’échec de cette histoire d’amour, d’un point de vue personnel et politique vivre l’écrasement de l’utopie et le désintéressement puis l’abandon de la France depuis le processus de paix d’Oslo commencé en 1993. Sur le plan diplomatique, le gouvernement français était partagé entre une amitié bienveillante et une franche hostilité. Les relations franco-israéliennes ont toujours été marquées par l’opposition entre le besoin pour la France d’avoir de bons contacts avec un partenaire important au Moyen-Orient et celui de maintenir des relations correctes, voire même privilégiées, avec le monde arabe. Cette théorie permet de démêler les apparentes contradictions de la politique française à l’égard d’Israël. C’est la contradiction intérieure et la complexité dans la vie de ce couple qui m’intéresse. Je ne suis pas là-bas. Mais l’espace est toujours vivant dans mon corps. Ahouvi devient donc le troisième volet de la Quadrilogie de ma Terre. C’est le volet de l’amour, Ahouvi est une histoire d’amour. Le premier volet TBM – Tunnel Boring Machine traitait le conflit israélo-palestinien sous l’angle politique, le deuxième The Jewish Hour l’abordait sous l’angle de la réligion. Enfin, le quatrième, Adesh, nous parlera de l’aspect économique de ce conflit et clôturera la quadrilogie depuis là-haut, depuis le ciel de la Cisjordanie. Ce sont quatre objets, quatre éléments utilisant le trouble, l’humour et l’autodérision, mon nouveau récit prend la forme féroce de la rupture d’un couple. Une histoire d’amour que j’ai vécu avec la France et en France depuis mon arrivée, depuis neuf ans. Une histoire qui raconte, de façon clandestine, ce que c’est que d’être étranger dans un pays, et les répercussions que cela peut avoir dans les relations ambiguës et irrégulières avec son pays natal. Il s’agit d’affronter la violence quotidienne, cachée et discrète dans le couple, jusqu’au moment où l’on devient notre propre ennemi. » – Yuval Rozman EXTRAIT Mais c’est ça l’amour tu comprends pas ?! Ça devient pas mieux, ça c’est l’amour, je te dis, on pète ensemble sous la couette, on fait l’amour follement, je te prépare ton boudin blanc et tu appelles ma mère quand j’en peux plus, ça c’est l’amour. » ©DR Avec le soutien de la Région Île-de-France pour l’ÉPAT. Carte TO Plein tarif € Entrée libre Tarif réduit € Entrée libre Universités, lycées, collègesgratuité pour les accompagnateurs € Associations, groupesà partir de 6 personnes € Comité d'entreprise, adhérents Ticket-Théâtres € TRIGGER WARNING lingua ignota Jeudi 24 et vendredi 25 novembre à 20h 3h58. Une chambre mansardée. Murs en briques grises. Une fenêtre. Zed s’affale dans son lit, plaque son visage dans un coussin, puis relève la tête. Des écouteurs à ses oreilles, des cheveux en pétard, roses, verts ou bleus, du fard à paupières rose, vert ou bleu, un gros trait d’eyeliner, de longs faux-ongles noirs. Zed scrolle sur son smartphone. Le trigger warning, pratique répandue dans les réseaux sociaux et les médias féministes, consiste en un avertissement écrit prévenant qu’un contenu œuvre, article, post, vidéo peut contenir des éléments susceptibles de déclencher ou réactiver un traumatisme psychologique à une personne. NOTE D’INTENTION Une partition sensorielle, plastique, qui suit la mécanique des réseaux sociaux en faisant descendre sur la page et prononcer à l’oral chacun des éléments apparaissant sur l’écran allumé, comme autant de fictions contenues entre les mains de Zed. Une partition qui utilise aussi, au sein du texte, de la musique contemporaine préexistante pour saisir un endroit de l’espace mental du personnage. Une partition pour différentes voix mais un seul corps et un seul objet, un seul corps qui se confond dans l’objet, qui tombe lorsque l’objet tombe, rayonne lorsqu’il s’éclaire. Car sous la matière épaisse du bloc qui forme la langue, il y a le personnage de Zed, et la fiction dont elle est le cœur, et qui se joue entièrement dans ses doigts, dans les gestes de swipe, clique et verrouillage. Ce n’est pas simplement une expérimentation formelle, mais aussi le déploiement d’un personnage et de son corps, son récit – une tentative de travailler à la fois l’expérience poétique d’un côté, mais aussi l’incarnation, la pure fiction situationnelle, en temps réel, de 3h58 à 5h03 du matin. La fable qui apparaît très progressivement, en soubassement, est celle d’une cavale tragique sur un smartphone, au cœur de la nuit. L’histoire d’une tentative de fuite fuite d’une image qui court les réseaux, d’un raid de harcèlement qui rôde, sous-jacent, dans les mains de Zed, fuite d’une relation toxique, d’une amitié consolatrice. Une fuite de soi, aussi, de ses assignations identitaires. Un élan pour s’éloigner du spectacle de la destruction de sa propre image, puis de son être, dans l’assaillement et le sacrifice. TRIGGER WARNING, c’est l’histoire d’un corps traqué qui scrolle pour passer à l’image suivante, espérant, par ce geste répété, passer à autre chose. » – Marcos Caramés-Blanco EXTRAIT En haut de l’écran, la croix est à droite pour fermer l’appareil photo, un écrou sur la gauche pour les réglages, l’éclair du flash est au centre, barré, un ensemble de pictogrammes orne le côté gauche, et sur tout le reste de l’image, le visage, qui comble l’espace du plan, desserré, laissant désormais apparaître le cou et les épaules, au-dessus du rond central blanc cerclé de blanc clic long rond central le rond central s’emplit progressivement de rouge. Long silence. Wesh c’est Zed. Zed soupire. J’arrive pas à dormir. Silence. Vous aussi quand vous arrivez pas à dormir vous savez plus qui vous êtes ? Silence. Je sais pas. Zed marche dans la chambre. Découvrez la playlist du spectacle accessible ici Durée 1h20 Grande Salle Carte TO Plein tarif 6€ Entrée libre Tarif réduit 4€ Entrée libre Universités, lycées, collègesgratuité pour les accompagnateurs 4€ Associations, groupesà partir de 6 personnes 4€ Comité d'entreprise, adhérents Ticket-Théâtres 4€ Les Enchantements Au cours de trois journées de canicule où le temps s’étire, six personnages, trois hommes et trois femmes, décident progressivement de ne plus subir la chaleur et de prendre les choses en main pour améliorer leur quotidien, et si possible en parallèle, faire de l’argent. Explorant une langue qui prend sa source dans le béton et les barres d’immeuble, Les Enchantements raconte l’histoire d’une jeunesse qui se réinvente face à l’adversité. Elle parle de rires, d’embrouilles, mais surtout de débrouillardise, de solidarité et de la force surpuissante du collectif. EXTRAITS MAÏ – Ouais mais attends sur l’eau y a des moustiques de ouf SO – Les moustiques c’est les eaux stagnantes frère tu racontes quoi MAÏ – Forcément y a des flaques CHA – En vrai j’ai un truc bizarre avec les moustiques moi SO – Elle veut quoi elle encore CHA – Bah chkiffe les piqures de moustique chais pas MAÏ – Attends t’es en train dme dire tu kiffes qu’on tpompe le sang SO – Mais t’es tarée ma parole MAÏ – La go kiffe s’gratter toute la night MO – Ah ouais j’voulais savoir c’est vous qui avez défoncé la balançoire l’aut’fois nan ? LU – La rouge là ah ouais ouais mais attends chte raconte c’est quand on était avec les autres là ils cherchaient les histoires de ouf moi tu m’connais j’veux pas d’problèmes mais jamais il s’approche ça y est c’est bon il fait quoi alors c’est pas j’marche vers lui genre j’vais t’enculer MO – C’est pas ça qu’chte d’mande l’histoire j’la connais juste va réparer LU – Chuis quoi moi réparateur de balançoires MO – Tu casses tu répares LU – Mais t’as fumé toi j’ai autre chose à foutre MO – Tu casses tu répares Avec le soutien de la Région Île-de-France pour l’ÉPAT. © tennysan_ Durée estimée 1h30 Petite Salle Carte TO Plein tarif 6€ Entrée libre Tarif réduit 4€ Entrée libre Universités, lycées, collègesgratuité pour les accompagnateurs 4€ Associations, groupesà partir de 6 personnes 4€ Comité d'entreprise, adhérents Ticket-Théâtres 4€ Grand-duc Parlons d’amour. Parlons par la même occasion de la mort, deux thèmes intimement liés. En l’occurrence, c’est à travers la mort que l’on parlera d’amour. Un homme est retrouvé mort dans sa baignoire. Ce mort parle mais est-il entendu ? à l’inspecteur chargé d’enquêter. Une enquête donc, et des entretiens avec cellesceux qui l’ont connu. Entretiens sur les rapports qu’ilelles avaient et sur l’amour qu’ilelles se donnaient. Et à travers ces entretiens, deviner le manque d’amour, le besoin de connexion, le besoin de sens ou de transcendance, deviner la solitude. À travers ces entretiens, chercher une vérité, s’il y en a une. NOTE D’INTENTION Alexandre Horréard, sur son processus d’écriture Pour parler des rapports entre les gens, l’idée s’est imposée qu’il fallait jouer avec la narration. J’ai donc voulu un récit porté par un acteur seul, qui parle d’un endroit insolite, la mort, et qui navigue entre les regards croisés des personnages. Paroles rapportées, paroles rapportées à l’intérieur de paroles rapportées, paroles récitatives, paroles injonctives, paroles performatives. Qui navigue également entre les tons, entre le désespéré et l’ironique, entre l’intime et le lyrique, entre la fraternité et la méchanceté. J’ai voulu suivre l’inspecteur pas à pas, de près, précisément, dans les gestes anodins et les pensées intimes et les attitudes banales. Jouer avec cette précision, jouer avec cette banalité, puis tomber peu à peu dans les abîmes de l’angoisse. » – Alexandre Horréard Laurent Charpentier, sur sa rencontre avec Alexandre Horréard En 2016, je rencontre Alexandre Horréard dans un cours de théâtre où il est mon élève. Nous nous lions d’amitié, lors de conversations souvent littéraires Thomas Mann, Peter Handke, Georges Pérec. Je le découvre très attiré par le théâtrerécit » et des formes théâtrales narratives innovantes auxquelles je travaille. Je lui conseille Crimp, Viripaev, Minyana. Quelques années plus tard, je découvre la première pièce qu’il a écrite Une grande étendue d’eau et j’y distingue une audace formelle, une maîtrise de la langue et un sens de la capture des détails, des symptômes de l’existence. Plus tard encore, c’est le confinement, je lui suggère en passant d’écrire une pièce que j’interprèterais. J’évoque mon goût pour Simenon ou Manchette, la littérature noire… Fin du confinement. Alexandre passe me voir avec en main le texte Grand-duc, qui met en scène un inspecteur de police sur une scène de crime. […] Mettre en scène ce texte écrit sur-mesure » m’a paru évident dès la lecture, tant il répond à mes recherches d’acteur et à mes préoccupations théâtrales depuis plusieurs années l’exploration du spectre entre l’incarnation et la narration, le dialogue de ces registres et, dans la variation des jeux, des rythmes et des corps du récit, la création d’une théâtralité qui laisse du champ au regard du spectateur et à son imaginaire. » – Laurent Charpentier Grand-duc a fait l’objet en juin 2021, d’une résidence au Studio des auteurs, grâce au soutien de Théâtre Ouvert – Centre National des Dramaturgies Contemporaines et de la SACD. Texte Alexandre Horréard Mise en scène et interprétation Laurent Charpentier, assisté de Jérémy Flaum Dispositif scénographique Gaspard Pinta Conception lumières Laïs Foulc Conception sonore en cours Conseil chorégraphique Alexandre Nadra Production En Votre Compagnie / Olivier Talpaert Carte TO Plein tarif 20€ 10€ Tarif réduit 14€ 8€ Universités, lycées, collègesgratuité pour les accompagnateurs 8€ Associations, groupesà partir de 6 personnes 8€ Comité d'entreprise, adhérents Ticket-Théâtres 12€ L’Âge de détruire Vendredi 18 et samedi 19 novembre à 20h Au début des années 1990, Elsa et sa mère emménage dans un nouvel appartement. Pour Elsa, sept ans, c’est la découverte d’un autre décor d’enfance. Pour la mère, jusqu’alors locataire, c’est un changement de statut social auquel elle ne parvient pas à s’adapter. Entre les murs de l’appartement, c’est la violence silencieuse, l’emprise, puis l’abus qui se déchaînent. Vingt ans plus tard, quand sonne l’heure de quitter les lieux, vient aussi le moment de régler ses comptes. Depuis sept ans, Justine Berthillot et Pauline Peyrade explorent les territoires de rencontre entre le mouvement et l’écriture littéraire. L’Âge de détruire se construit en deux parties. La première âge un est une performance acrobatique, le portrait en mouvement d’une femme qui ne parvient pas à occuper son lieu de vie. À Théâtre Ouvert, Justine et Pauline proposent une lecture de la deuxième partie âge deux, le récit d’une jeune femme confrontée à la vente de l’appartement dans lequel elle a grandi. EXTRAIT Nous avons des mains identiques. Seule l’épreuve du temps permet de les distinguer. Elles prennent chacune leur caractère, se blessent à différents endroits. Nos articulations sont marquées, l’index et l’annulaire courbés vers l’intérieur, ils semblent vouloir se rejoindre. Sa paume est charnue, la mienne creusée, ses doigts sont plus épais, plus solides que les miens, frêles encore et espacés, trop fins pour se toucher quand je les rassemble. Elle ne quitte plus les bagues qui lui viennent de ma grand-mère, elles ont pris chair dans sa chair, comme si les pierres précieuses avaient poussé sur ses phalanges, le métal coulé de sa peau. Elles seront à toi, un jour. Je ne la crois pas quand elle dit ça. Il faudrait les scier, désincruster le métal d’elle. Ce serait un carnage. L’Âge de détruire est une adaptation du premier roman de Pauline Peyrade, à paraître aux Éditions de Minuit. Avec le soutien de la Région Île-de-France pour l’ÉPAT. Durée estimée 50 minutes Petite Salle Carte TO Plein tarif 6€ Entrée libre Tarif réduit 4€ Entrée libre Universités, lycées, collègesgratuité pour les accompagnateurs 4€ Associations, groupesà partir de 6 personnes 4€ Comité d'entreprise, adhérents Ticket-Théâtres 4€ Zoé et maintenant les vivants Lundi 14 et mardi 15 novembre à 20h titre provisoire L’écriture de Théo Askolovitch évolue entre humour et tragique. Il décrit la vie telle qu’il la connaît, avec un sourire. Après 66 jours, monologue sur le combat d’un jeune homme face au cancer créé à Théâtre Ouvert, Théo Askolovitch poursuit son travail sur le thème de la réparation. Zoé et maintenant les vivants aborde le sujet du deuil, de la relation que l’on entretient avec les mortes, et avec cellesceux qui restent. Dix ans après la perte d’un être cher, le père, la fille et le fils nous racontent avec délicatesse les étapes de leur reconstruction. Ilelles se rappellent l’annonce, l’enterrement, les rites religieux, puis la vie d’après et dressent le portrait intime d’une famille qui résonne en chacune de nous. EXTRAIT Au loin la voiture se gare et en sortent les personnes en charge de transporter le cercueil. Nola – Papa je crois qu’il y a un problème. Lucien – Quoi ? Nola – Regarde la tombe, c’est normal qu’il y ait une énorme croix dessus ? Temps, les trois se regardent. Lucien – Putain ils se sont trompés ces cons. Sacha – Mais attends on fait comment là, parce que si mamie elle voit ça elle va mourir elle aussi ! Nola – Faut la faire enlever. Sacha – Ouais mais on va pas ramener un pied de biche au milieu de toutes ces familles en deuil quand même ! Lucien – Si on met un grand drap sur le cercueil peut-être que la famille de maman le verra pas. Sacha – T’es sérieux là papa ? Lucien – Mais non… un peu. Nola – Ah mais regardez, il y a une famille qui va vers le cercueil. Sacha – Oh putain c’est pas le nôtre. NOTE D’INTENTION Zoé et maintenant les vivants – titre provisoire, est mon deuxième projet d’écriture. Après 66 jours – monologue et seul en scène sur le combat d’un jeune homme face au cancer – c’était logique de continuer à écrire sur le thème de la réparation, c’était une évidence. Cette fois-ci, j’ai voulu parler du deuil. De la résurrection. J’ai décidé d’axer l’écriture sur trois personnages le père, la fille et le fils. Dix ans après la perte d’un proche, une famille nous raconte les étapes de leur reconstruction. Ils retracent leur passé et racontent leur présent. Ils se rappellent l’annonce, l’enterrement, les rites religieux, puis la vie d’après. Ils se rappellent avec bonheur les souvenirs de celle qui leur a été enlevée. Ils racontent. À quel point passer de l’enfance à l’âge adulte peut-être brutal ? Les trois personnages sont liés par leur histoire, mais chacun se répare différemment avec ses souvenirs. Le deuil est une période de cicatrisation, de guérison, d’un retour à la vie. J’ai voulu travailler autour du prisme de chaque personnage, comment une même situation peut être vécue de différentes manières, comment la réalité de chacun peut être dissemblable ? Ce récit est un puzzle. Dans cette pièce, il n’y aura pas de chronologie entre les scènes. Ce seront des moments de vie, qui bout à bout formeront une histoire. Le texte alternera des monologues intimes de chaque personnage, des scènes de vie entre les trois protagonistes, qui confrontent des idées et des scènes de flashbacks qui retracent des moments de leur passé. J’ai pour habitude d’alterner dans l’écriture l’humour et le tragique ». Raconter la vie comme je la connais, avec un sourire. C’est comme cela, je pense, que ces histoires peuvent résonner en chacun. Depuis quelques années, je crois qu’inconsciemment je me dirige vers des projets qui parlent de la famille. La famille. C’est peut-être ce qu’il y a de plus important pour moi. Ce texte est une suite logique. J’ai poussé le curseur un peu plus loin. Zoé et maintenant les vivants – titre provisoire est mon deuxième texte mais aussi ma quatrième mise en scène. Après Deux Frères, La Maladie de la famille M textes de Fausto Paravidino et 66 jours., je souhaite aussi me recentrer sur la mise en scène, proposer une scénographie plus léchée après le plateau nu de 66 jours, tout en gardant le texte et les acteurs au centre. Ce texte parlera de la relation qu’on entretient avec nos morts, et avec ceux qui restent. » – Théo Askolovitch Avec le soutien de la Région Île-de-France pour l’ÉPAT. Texte et mise en espace Théo Askolovitch Avec Marilou Aussilloux, Stéphane Crépon, Olivier Sitruk À partir de 12 ans Durée 1h20 Grande Salle Carte TO Plein tarif 6€ Entrée libre Tarif réduit 4€ Entrée libre Universités, lycées, collègesgratuité pour les accompagnateurs 4€ Associations, groupesà partir de 6 personnes 4€ Comité d'entreprise, adhérents Ticket-Théâtres 4€ Surface de réparation 🖤 Samedi 27 à 19h et dimanche 28 août à 17h Surface de réparation 🖤 CHANTIER DES AUTEURRICES DU 20 AU 28 AOÛT Avec Antoine Aresu, Timothée Israël, Tatiana Gusmerini, Sarah Hassenforder, Mahaut Leconte, Azilys Tanneau Surface de réparation 🖤 propose un espace de recherche sur l’art du montage, une technique d’écriture à l’œuvre dans la pratique d’autrice/performeuse de théâtre de Sonia Chiambretto. Pendant huit jours à Théâtre Ouvert, de jeunes auteurrices ont partagé leur expérience de l’écriture et se sont confrontées à la dramaturgie des unes et des autres. À partir de textes en cours qu’ilelles ont apporté pour ce chantier collectif, ilelles ont élaboré ensemble un récit commun, grâce au montage poétique de la forme. Suvi de Lettre à une jeune poétesse LECTURE PERFORMANCE de et par Sonia Chiambretto L’autrice présente une lecture performance de sa lettre issue du recueil Lettres aux jeunes poétesses, paru aux Éditions de l’Arche en 2021. Le texte est paru aux Éditions de l’Arche, dans la collection Des écrits pour la parole ». Sonia Chiambretto est représentée par L’Arche, agence théâtrale. _____________ ENTRÉE LIBRE SUR RÉSERVATION Billetterie en ligne 01 42 55 74 40 resa Durée estimée 1h Grande Salle Carte TO Plein tarif € Entrée libre Tarif réduit € Entrée libre Universités, lycées, collègesgratuité pour les accompagnateurs € Associations, groupesà partir de 6 personnes € Comité d'entreprise, adhérents Ticket-Théâtres € JUILLET 1961 Été 1961. Chloé et Clarisse vivent dans le même quartier à la porte du centre-ville. Chloé se prostitue pour boucler ses fins de mois et ce jour-là, son client s’avère être un inspecteur de police à la recherche de son père. Clarisse, elle, rythme sa journée en naviguant entre son emploi du matin et celui du soir. Pendant ce temps, leurs filles Mary et Dani, explorent la ville jusqu’à assister à d’inévitables violences, des soulèvements qui remontent jusqu’à leur quartier dans un implacable tempo. NOTE D’INTENTION En 2017, je tombe sur un cliché pris par le photographe américain Garry Winogrand. Hantée par cette image, je plonge dans sa série de photographies prises durant les années 60. Un texte gonflait dans mon ventre nourrit par l’énergie, le mouvement, l’improvisation imposée par ces photos. C’est JUILLET 1961. Mais pourquoi 1961? Pourquoi pas 1963, 1964, 1968 ? Ces années frappantes, saillantes, socialement aux Etats-Unis. Je choisis 1961 parce que c’est une année qui semble plane, une année moins visibilisée. Le but est que l’époque ne prenne pas le dessus sur le texte, mais qu’on reste en conscience du contexte de la Grande Histoire dans le lieu que j’ai choisi Chicago. Cette ville est un personnage de JUILLET 1961. Elle cristallise les tensions sociales et ethniques, puisque c’est de cela qu’il s’agit, de même que les ambitions de consommation, de liberté, de rencontres par le jazz. À travers le regard de deux femmes, je veux interroger les mécanismes de l’immobilisme et du changement. Elles vivent sur le même territoire mais dans deux réalités parallèles. Écrasée par leurs besoins de travailler, elles déambulent dans la ville jusqu’à en devenir l’objet. Leurs enfants les confrontent à la réalité de leur condition sociale. Une génération qui dit non à la violence, et qui pour ce faire l’embrasse peut-être, cette violence. Jusqu’où serait-on prêt à aller pour s’émanciper de sa condition sociale ? De sa dite “assignation”? Le jazz sera au cœur du projet grâce à mes partenaires le pianiste Roberto Negro et le batteur Sylvain Darrifourcq. Sur le plateau, Ecriture et Musique ne feront plus qu’un. L’axe musical sera travaillé à partir du texte sans en appuyer la narration. Modeler ensemble la prose et le son pour aboutir à une forme adaptable des grands théâtres au petit club, où l’on ne saurait plus dire si on assiste à un concert ou à une pièce de théâtre. En 2021, soixante ans se seront écoulés depuis 1961, une nouvelle génération se confronte à l’héritage historique de leurs parents. Ce spectacle pourrait être accompagné de témoignages, conférences et expositions. » – Françoise Dô Création le 10 janvier 2022 au Théâtre de Vanves AVEC LE SOUTIEN de la Direction des Affaires Culturelles de la Martinique, du ministère des Outre-mer, des Fonds d’aide aux échanges artistiques et culturels pour les Outre-mer FEAC, de La Comédie de Saint-Étienne – CDN, du Théâtre de Vanves – scène conventionnée d’intérêt national Art et création pour la danse et les écritures contemporaines à travers les arts, de Théâtre Ouvert – Centre National des Dramaturgies Contemporaines, du Printemps des comédiennes dans le cadre du Warm up, de la Cité internationale des arts de Paris, de Tropiques Atrium – Scène Nationale de Martinique, de la Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon – Centre national des écritures du spectacle, de ETC_Caraïbes, des Francophonies – Des écritures à la scène, de L’Odyssée – L’autre rive – ville d’Eybens, de la fondation FACE, et des services culturels de l’ambassade de France à New-York pour la traduction en anglais par Nathanaël. Remerciements à Adrien Chiquet, Alfred Alexandre et son équipe d’ETC_Caraïbe. Durée 1h10 Grande Salle Carte TO Plein tarif 20€ 10€ Tarif réduit 14€ 8€ Universités, lycées, collègesgratuité pour les accompagnateurs 8€ Associations, groupesà partir de 6 personnes 8€ Comité d'entreprise, adhérents Ticket-Théâtres 12€ Salle des fêtes Pour épargner à son frère Samuel une énième hospitalisation psychiatrique, Marion décide avec sa compagne Lyn de l’associer à leur nouveau projet de vie racheter le site d’une ancienne usine dans un petit village à la campagne pour le rénover et l’habiter. En s’installant, le trio devient également propriétaire des trois écluses rattachées au domaine. Mais leur rêve de décroissance et d’habitat partagé va se heurter à une réalité de terrain. La région faisant face à une crue sans précédent, cette acquisition devient le centre d’enjeux politiques auxquels ilelles ne s’étaient pas préparées. Dans le huis-clos de la salle des fêtes du village, ilelles sont forcées d’interroger leur utopie et à se confronter à la complexité des rapports entre bien commun et propriété privée, ambitions écologiques et précarité sociale. NOTE D’INTENTION L’ailleurs est peut-être aujourd’hui moins l’espace de la conquête que celui du retour. Pour l’esprit aventurier contemporain, il convient finalement de trouver sa place, mais autrement. Salle des fêtes propose ainsi une réflexion sur l’utopie comme cet autrement, mais aussi sur la dualité entre le fait d’agir et celui d’espérer. Quand il n’y a plus de bonnes solutions », l’espoir est-il pour autant à proscrire ? » – Baptiste Amann EXTRAIT MARION – Alors c’est étonnant depuis quelques années… chaque fois que j’entends le nom d’une saison j’ai du Vivaldi dans la tête. En fait c’est pire j’ai la pub pour l’Opel Astra qui défile mentalement. J’ai un peu honte je dois dire. En matière de synesthésie c’est assez pauvre. J’aurais aimé être plus surprenante. C’est tout de même un sujet ça ! Ce fantasme à côté duquel on marche, et dont on s’éloigne à mesure qu’on grandit. Adolescente je voulais être Arthur Rimbaud sinon rien ; Rimbaud voyait des couleurs dans les lettres de l’alphabet. Moi, quand j’écoute Vivaldi, je vois juste une bagnole. » © Pierre Planchenault PRODUCTION L’ANNEXE COPRODUCTION La Comédie de Béthune – CDN Hauts-de-France, La Comédie de Saint-Étienne, TnBA – Théâtre national de Bordeaux en Aquitaine, Le Méta – CDN de Poitiers Nouvelle-Aquitaine, OARA – Office Artistique de la Région Nouvelle-Aquitaine, Théâtre Dijon-Bourgogne – CDN, Nouveau Théâtre de Montreuil – CDN, Le ZEF – scène nationale de Marseille, Théâtre Ouvert – Centre National des Dramaturgies Contemporaines AVEC LE SOUTIEN du Fonds d’Insertion pour Jeunes Artistes Dramatiques, DRAC et Région Sud, du Fonds SACD Théâtre. Ce texte est lauréat de l’Aide à la création de textes dramatiques – ARTCENA. L’ANNEXE est conventionnée par le ministère de la Culture – DRAC Nouvelle-Aquitaine, subventionnée par la Ville de Bordeaux et la région Nouvelle-Aquitaine. Baptiste Amann est associé à La Comédie de Béthune – CDN Hauts-de-France, au Méta – CDN de Poitiers Nouvelle-Aquitaine ainsi qu’au Théâtre Public de Montreuil, Centre dramatique national 2022-2025. Il est également artiste compagnon du TnBA – Théâtre national de Bordeaux en Aquitaine. Texte et mise en scène Baptiste Amann Collaboration artistique Amélie Enon Avec Olivier Brunhes, Alexandra Castellon, Julien Geffroy, Suzanne Jeanjean, Lisa Kramarz, Caroline Menon-Bertheux, Rémi Mesnard, Yohann Pisiou, Samuel Réhault, Marion Verstraeten Régie générale François Duguest Création lumière Florent Jacob Création sonore Léon Blomme Plateau et régie scène Philippe Couturier Scénographie Florent Jacob Construction décor Ateliers de la Comédie de Saint-Étienne Costumes Suzanne Aubert, Estelle Couturier-Chatellain Direction de production, diffusion Morgan Hélou Mardi, mercredi 19h30 Jeudi, vendredi, samedi 20h30 Dimanche 16h Carte TO Plein tarif 20€ 10€ Tarif réduit 14€ 8€ Universités, lycées, collègesgratuité pour les accompagnateurs 8€ Associations, groupesà partir de 6 personnes 8€ Comité d'entreprise, adhérents Ticket-Théâtres 12€
"La solitude c'est après, oui c'est après/Quand les soleils artificiels se sont fanés" chantait, en 1976, Claude François , personnage pas exempt de fêlures auquel rendent cette année hommage Florent Emilio Siri et Jérémie Renier à travers le film Cloclo . En 1976, quelques mois après avoir été ébranlée par le suicide de son ami et protégé Mike Brant, Dalida chantait J'attendrai et son "coeur si lourd", au faîte de sa gloire et de son rayonnement. En apparence, du moins... Car, intérieurement, la diva solaire venue d'Egypte se morfondait et devait bien se reconnaître dans la chanson de Cloclo, elle qui a aussi chanté ces rideaux qui tombent, ces projecteurs qui s'éteignent, ce sentiment d'abandon... Un mal-être intime traité irrémédiablement aux barbituriques Dalida se suicide à 54 ans dans la nuit du 2 au 3 mai 1987 dans sa maison de Montmartre, rue d'Orchampt dans le XVIIIe arrondissement. 20 ans après une première tentative qui a échoué mais l'a éloignée des mois durant de la scène. Elle qui chantait, véritable impératrice à laquelle on n'aurait rien refusé, "je veux mourir sur scène ... sans la moindre peine ... et en chantant jusqu'au bout", s'est éclipsée en douce, sans prévenir personne. Ou presque. Elle laisse une lettre à son frère Orlando, une autre à son dernier compagnon François Naudy, et, à ses fans, ce mot terrible qui appartient à la légende "La vie m'est insupportable, pardonnez-moi. Dalida." Des photos intimes et sa lettre d'adieu... "Laissez-moi pleurer", chantait-elle aussi, crépusculaire, pour la bande originale du film égyptien de Youssef Chahine Le Sixième Jour, qu'elle avait tourné en 1986 - une chanson qu'on la voit interpréter dans des images du journal d'Antenne 2 JT2 que lui consacra au lendemain de sa mort Claude Sérillon, disponibles sur le site de l'INA . Bientôt 25 ans après le suicide de Dalida, Paris-Match, dans son édition aujourd'hui en kiosques, lui rend hommage au travers de photos inédites confiées par Orlando on voit tour à tour Dalida plus glamour que jamais à 50 ans dans une robe faite d'un châle dans sa villa corse de San Giorgio, heureuse comme une fillette à dos d'âne à Porto-Vecchio à 44 ans, en pleine séance de yoga à 37 ans, sur son premier bateau au large de Cannes à 32 ans, sur la plage de Saint-Tropez avec Brigitte Bardot en 1970 ou encore à Noël 1979 en famille... Et aussi, dans des clichés de ses trois amoureux suicidés Lucien Morisse, son pygmalion devenu son mari en 1961 et qui mit fin à ses jours en 1970 alors qu'ils étaient restés en bons termes ; Luigi Tenco, dont elle trouve le corps, une balle dans la tête, après sa participation au Festival de SanRemo 1967 et alors qu'ils avaient prévu de se marier suicide qui entraînera la tentative de Dalida quelques jours plus tard pour rejoindre Luigi dans l'au-delà, mise en échec par une femme de chambre de l'hôtel Prince de Galles à Paris, inquiétée par le silence dans la chambre occupée par une certaine Iolanda Gigliotti - nom de jeune fille de Dalida ; le playboy Richard Chanfray, dit le comte de Saint-Germain, qu'elle aima et qui l'aima de 1972 à 1981, et qui se suicida à l'été 1983 avec sa compagne d'alors. Des photos inédites, enfin, dont fait partie le message de mort qu'elle laissa... "Ce sentiment d'abandon a façonné son destin" Cet album de Dalida intime, extrêmement touchant, s'accompagne de quelques confidences non moins émouvantes d'Orlando "Elle était émouvante, ma soeur, et très sincère. Sous ses dehors de femme fatale, de diva lointaine, Iolanda était un être humble, presque effacé. Elle souffrait d'un sentiment d'abandon qui a gâché sa vie amoureuse ... Ce sentiment d'abandon a façonné son destin", rappelle d'emblée le producteur de 75 ans, qui s'occupe aujourd'hui d'entretenir la mémoire de celle qu'il appelle "Dali" et se félicite de voir que les jeunes générations y sont sensibles. Il rappelle aussi combien la mort prématurée de leur père italien à la Libération, après quatre années passées dans les camps, a marqué la jeune Iolanda, alors âgée de 12 ans et qui "a reporté tout son amour sur leur mère". Racontant cette Dalida inconnue du grand public qui l'idolâtrait, celle des dimanches entre copains, "en tenue très décontractée, pas maquillée, pantalon, petit pull et ballerines", il se souvient de l'isolement dans lequel elle s'est progressivement enfermée, ces réunions conviviales se raréfiant "Vous vous occupez de ma carrière, je m'occupe de ma vie", répondait-elle aux reproches qu'on lui faisait à ce sujet. "Lucien, c'était le père de substitution. Luigi, l'amour fou et le drame. Richard, celui avec qui elle a été le plus heureuse." Interrogé sur la vie amoureuse désastreuse de sa soeur, qui avait par ailleurs dû renoncer à devenir maman après un avortement qui l'avait rendue stérile elle était tombée enceinte d'un étudiant romain, évoqué par la chanson Il venait d'avoir 18 ans, à la fin des années 1960, après sa première tentative de suicide, il analyse "Dali avait une âme de bon samaritain avec les hommes. Elle les aimait fragiles, écorchés, avec un mal-être, en écho au sien, peut-être. Elle pensait pouvoir les changer, les aider. Mais, après l'exaltation des premiers moments..." A la question de Paris-Match "Qui a-t-elle aimé le plus, selon vous ?", et alors qu'on aurait pu attendre "Luigi Tenco" comme réponse, Orlando réplique "C'est avec Richard Anfray qu'elle a été le plus heureuse ... Dali était lucide, sans illusions, dès le départ. Il l'amusait. Mais il s'est égaré et... Lucien Morisse a signé sa naissance artistique ..., il a été aussi le père de substition puis l'ami fidèle. C'est le seul homme qu'elle a regretté d'avoir quitté. Luigi Tenco, c'était l'amour fou et le drame." Cherchant un déclencheur au geste désespéré de sa soeur, Orlando a cette belle formule, digne de la tragédie de Dalida, diva irrésistible mais femme inassouvie "Les déceptions amoureuses ? Le manque d'enfants ? La peur de vieillir ? Les hommes de sa vie n'ont cessé d'aimer Dalida, alors que c'était Iolanda qui avait besoin d'amour." Hommage et photos inédites à retrouver dans le dossier exceptionnel de l'édition courante de Paris-Match.
le père c était lucien le fils c était sacha